« No et moi », je ne m’en remets pas

Dire que le film « No et moi » de Zabou Breitman (dans les salles le 17 novembre et inspiré du livre de Delphine de Vigan) m’a émue serait un faible mot.

Ce film m’a plutôt totalement remuée. J’étais soulagée d’être allée le voir seule. Contente d’avoir couru pour y arriver en sortant du boulot, même si j’ai raté les cinq premières minutes.

Je me suis laissée transporter pendant toute la durée du film. J’ai vécu avec les personnages. Je suis totalement entrée dans l’histoire.

Et j’ai ressenti le besoin, en sortant de la prrojection, de ne parler à personne. Besoin de me retrouver seule, de me le rejouer, de comprendre, d’analyser les réactions de chacun. J’ai donc repris le métro en silence, impatiente de pouvoir m’enfermer chez moi, seule, dans mes pensées.

Lou, cette ado précoce avec ses deux ans d’avance, sa solitude, son envie de sauver le monnde et, plus précisément, No, jeune SDF à peine sortie de la DDASS.

Lou qui va se battre, du haut de 13 ans, pour convaincre ses parents d’accueillir No et l’aider à sortir de la misère.

Lou, encore idéaliste, qui pense que l’amour pourrait sauver le monde.

No, à peine majeure mais déjà si marquée par la vie. No, joyeuse, dangereuse, agressive, gentille, aimante, fuyante, secrète, volontaire, paumée. No qui aimerait s’en sortir, qui apprend à aimer et à faire confiance, mais qui reste hantée par ses vieux démons. No, qui est finalement tellement sensible.

La mère de Lou, dépressive emmurée dans son appartement, qui va retrouver une certaine envie de vivre au contact de No et réussir à dépasser les évènements qui l’ont tant marquée quelques années auparavant.

Le père de Lou, si pragmatique, si généreux, si attentif, si protecteur. Si paternel finalement.

Lucas, la star du lycée qui va aider Lou à sauver No. Il abandonnera ses amis pour les aider, les héberger. Il reprendra contact avec la réalité grâce à elles.

Un film qui fait réfléchir sur la condition des tous ces hommes et ces femmes qui vivent dans la rue.

Un film qui nous pousse à nous interroger sur la motivation que ces SDF peuvent avoir de s’en sortir.

Un film qui donne envie d’aller tendre de la main, de sortir de l’indifférence, d’ôter nos masques fermés de parisiens.

Un film qui s’interroge sur les limites d’une main tendue.

Dans les salles dès le 17 novembre, je pense que ce serait un euphémisme de vous conseiller d’aller le voir.

Bonus : les interviews de  Zabou Breitman et des trois jeunes comédiens.

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