Mange !

En lisant son billet, Camille m’a donné envie de parler du problème très complexe que j’entretiens avec la nourriture depuis quelques années.

A l’origine extrêmement gourmande, j’ai toujours aimé me faire plaisir. Petite, je mangeais tout ce qui passait dans mon champs de vision. Trop même. Mais les goûts s’affinant au fil des années, j’ai commencé à être plus difficile en grandissant.Mais j’ai toujours gardé un très bon appétit, mangeant de grandes quantités pour me rassasier (en même temps, je suis grande et pas taillée en format crevette mais plutôt viking, donc…).

Puis, à 19 ans, première année de fac, horaires souples, beaucoup de temps libre, beaucoup de liberté, des repas pris pour la plupart seule, gardant des enfants à la sortie de l’école et rentrant chez moi après l’heure du dîner. Le tout cumulé à un ras le bol d’être appelée « la grosse », j’ai mal réagi. Et j’ai fortement limité mon alimentation.

Etant seule au moment de la plupart des repas, personne ne s’en rendait vraiment compte. J’ai ainsi perdu 8 kikos en quelques mois, en me privant parfois de nourriture pendant 2 jours, en apprenant à dompter la sensation de faim.

J’ai heureusement été sauvée par mon caractère. Me rendant compte que je ne tenais plus très bien debout toute seule et que le moindre effort devenait difficile à effectuer, voyant à quel point je m’affaiblissais, je me suis forcée à recommencer à manger, pour ne pas terminer totalement alitée.

J’ai réussi à reprendre doucement, mais sûrement. Moi qui étais déjà lente à table le suis devenue encore plus. J’avais besoin de faire des pauses pour pouvoir continuer à avaler d’autres bouchées. J’avais besoin de ré-agrandir mon estomac devenu tout petit. Mais j’y suis arrivée.

J’ai repris une partie de mes kilos perdus. Mais j’étais en bien meilleure santé.

Je suis ensuite entrée dans ma phase « sucré », me nourrissant quasi exclusivement de bonbons, gâteaux et chocolat. Pour manger, j’avais besoin de me faire plaisir. Et étant une très grande gourmande « sucré », c’était ma solution. Je vivais seule à l’époque, personne ne pouvait me surveiller. Ma grand-mère tentait de remplir un peu mon frigo avec des aliments plus sains et équilibrés. Et je mangeais correctement quand j’étais entourée.

Manger était devenu un acte social. Seule, je n’en voyais pas vraiment l’intérêt. Alors qu’accompagnée, avaler un bon repas prenait tout son sens.

Je continuais à faire des pauses régulières pendant mon repas, pour pouvoir avaler les bouchées suivantes. Et je continuais à perdre 3 kilos à chaque période d’examens, pour cause de stress (je ne digérais plus ou ne dormais plus, selon les jours. Le stress n’a jamais eu un bon effet sur moi).

Puis la vie active a commencé avec mon stage de fin d’études. Un nouveau rythme. Une nouvelle chute de poids involontaire. Et j’ai alors pris conscience de ma limite basse de poids. En dessous d’un certain seuil, j’enchainais les malaises, tous les jours. Je n’étais pas bien. Mais je savais enfin quel était le poids que je devais absolument dépasser (poids que le test Dunkan m’a conseillé mais que je sais interdit pour moi).

J’ai ensuite appris à m’accepter telle que j’étais. Je ne serai jamais une archi mince. J’ai un petit ventre, mais rien de dramatique. Et j’ai des formes, ce qui, finalement, n’est pas désagréable. Une silhouette normale.

J’ai aussi appris à m’écouter, à écouter ce que mon corps me demandait. Appris à le nourrir quand il le souhaitait, à moins le nourrir quand je n’avais pas faim. J’ai toujours une barre ou des bonbons dans mon sac, au cas où une fringale apparaît. Et je m’en porte bien mieux aujourd’hui, même si je ne respecte pas les trois repas par jour sans grignotages en dehors.

J’ai mes périodes de grosses fringales, pendant lesquelles je mange comme 4 et suis même capable de me relever en pleine nuit pour manger quelque chose (elles durent en général 4-5 jours). Puis mes périodes où je n’arrive plus à manger (4-5 jours aussi), chaque bouchée à avaler étant un supplice.

Cependant, je me rends compte que manger reste un acte social à mes yeux. Et que j’ai tendance à « oublier » de manger quand je suis seule chez moi, si je n’ai pas particulièrement faim. Ou à manger 2 bouchées pour calmer ma faim sans réellement me nourrir. Je suis ainsi encore capable de ne rien avaler pendant plus de 24H, ne voyant pas vraiment l’intérêt de me nourrir sans plaisir ni partage social.

Finalement, j’ai encore un gros problème avec la nourriture. Et cela fait 11 ans que ça dure…

Mais je ne veux pas entendre parler de régime, cela serait la fin pour moi !

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10 Responses to “Mange !”

  1. Madame Parle dit :

    Qu’est ce que c’est compliqué ces relations avec la nourriture… Pas simple de ne pas tomber dans un régime ! Bravo a toi en tout cas pour nous avoir confié ça!

    • Caju dit :

      Madame Parle, je trouve surtout dommage qu’on continue à donner aux adolescentes des femmes ultra minces comme images de la femme parfaite. Il faut tenir compte de la morphologie de chacune qui ne permettra pas à toutes d’avoir la même silhouette. Et se rendre compte que les formes sont féminines.
      Tellement de filles connaissent des troubles alimentaires très jeunes, se fixant des objectifs inatteignables pour elles car ne tenant pas compte de leur véritable physique. Et cela devient souvent un cercle vicieux dont on ne sortira jamais complètement.

  2. Camille dit :

    Tu as bien de la chance/de la force.du courage d’avoir réussi à remonter la pente seule…
    J’aimerai bien pouvoir dire que je ne veux pas entendre parler de régime, je crois, mais j’ai pas encore exactement réussi à m’accepter telle que je suis. Ca viendra.

    • Caju dit :

      Camille, j’ai eu de la chance, oui.
      S’accepter telle qu’on est est long, très long. Je continue à haïr mon ventre, mais tant pis. J’ai compris que je ne pouvais pas y faire grand chose.
      Un jour tu te rendras compte que tu es très bien comme tu es. Et que te prendre la tête sur tes fesses ou autre partiede ton corps ne t’apporte rien. Ça viendra ma belle.

  3. Linda dit :

    Juju,

    J’ai cru que tu raconte mon histoire. Ma relation avec la nourriture et les pertes de poids alarmante ont ete les meme pour moi.
    A part que moi ma gourmandise ne touche que le fromage.

    Depuis un mois j’ai des problemes de digestion, rien ne passe :( mais je suis sure qu’il trouveront quelque choses pour que je puisse remanger.

    Il y a peu de temps j’ai etait voir une nutricioniste pas pour un regime non non mais pour un cours d’education alimentaire….. il t’aprennent a manger (posture, heures), a connaitre tes peche mignon et les rendre moins peche hahaahah et plein dautre truc comme ca. On dira que c’est lus un seminaire en fait :D

    Les pre requis de ce seminaire sont  » s’aimer tel que l on est » qui est le plus important et que tu as compris au file des années :D

    n’enlève jamais tes bonbons de ton sac sinon on pourrait ne pas te reconnaitre hahhaha

    Aller bisous!!!

    • Caju dit :

      Je ne savais pas tt ça ma Linda ! Mais si tu arrives à t’en sortir, tant mieux. J’espère que tu vas bientôt trouver un moyen de te nourrir normalement. Fais attention à toi ! Je ne suis plus là en plus…
      Et t’inquiète pour mon sac. Je vais même bientôt pouvoir refaire mon tiroir épicerie ! Car j’aurai enfin un caisson !
      Bizz ma poulette et prends soin de toi.

  4. Ally dit :

    Hihi j’me rappellerai toujours des soirées/nuits Friends avec des bonbons et du chocolat à gogo ! ;o)

    • Caju dit :

      Que de souvenirs… De vraies soirées pyjama… Toute une époque… Mais maintenant, je n’en fais plus. Et je t’avouerais que ça me manque parfois…

  5. Emmie Dejes dit :

    Très bon sujet, j’ai en faite trouvé ça très intéressant, merci.

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