Café de Flore

Aujourd’hui sort au cinéma « Café de Flore« . Ayant eu la chance de le voir la semaine dernière, je peux déjà vous donner mes impressions.

J’y suis allée sans rien connaître de l’histoire et du pitch. Je ne savais pas à quoi le titre faisait référence et avait pensé, spontanément, au café bobo chic intellectuel du 6ème arrondissement de Paris. Je pensais donc à un film autour de ce café. Mais je n’étais certainement pas préparée à ce que j’ai finalement visionné sur grand écran.

L’image commence sur une famille quebeccoise, aujourd’hui. Un père de famille heureux qui a deux filles merveilleuses. Un fils chéri dont les parents sont toujours présents. Un amant comblé qui vit aux côtés de la femme de sa vie.

Un homme qui respire, transpire même, le bonheur, la joie de vivre. Il est épanoui. Et ça se voit.

Un homme amoureux de sa famille. Et là aussi, ça se ressent pleinement. L’amour entre lui et la femme de sa vie crève l’écran.

Cet homme est DJ et parcourt régulièrement le monde pour se produire dans les lieux branchés des grandes villes.

On envierait sa vie. Il est heureux, épanoui, comblé. Il donne envie.

Labande son qui accompagne ces premières images m’a un peu perturbée. On passe de la musique, à fond, au silence complet. On passe d’un extrême à l’autre. Cela laisse perplexe.

Puis, brutalement, on arrive à Paris, en 1964. Quel est le lien avec cet homme quebeccois épanoui ? Nous ne savons pas. Une femme accouche dans son appartement. Elle devient mère.

Mais un malaise est palpable. L’enfant n’est pas celui qui était attendu. Il est trisomique.

Le père le rejette. La mère l’accepte de tout son coeur, de tout son corps, de tout son être. C’est son enfant et elle l’aimera jusqu’au bout et est prête à se battre contre tous et contre tout pour le faire accepter.

Le film continue, nous faisant passer d’une ville à l’autre, d’une époque à l’autre, d’un continent à l’autre. Le lien entre les personnages est difficile à faire. Nous restons en haleine jusqu’au bout, pour comprendre, tenter de retisser la toile qui les lie tous.

Au fil des images, nous comprenons toujours un peu plus, un peu mieux. Mais il faudra attendre les dernières minutes pour comprendre le lien entre ces deux époques. Qu’on l’accepte ou pas, il nous est expliqué.

Mais ce film, de mon point de vue, c’est avant tout de multiples histoires d’amour. L’amour parental pour son enfant.  L’amour d’un enfant pour ses parents. L’amour entre amants. L’amour entre enfants. L’amour entre trisomiques. L’amour familial. L’amour, l’amour.

Il est décliné sous toutes ses formes. De la plus pure et forte à la plus simple.

Il peut rendre heureux, fou, malheureux, donner des ailes, amener à faire l’impardonnable.

Il est surprenant.

Un film poignant. Dont on ne peut pas sortir indifférent. Qu’on l’ait aimé, comme moi, ou détesté. Il marque. Il ne nous laisse pas indemne.

J’ai mis plus d’une demi heure à arrêter de trembler après en être sortie.

Mais je ne peux que vous pousser à aller le voir, à vous faire votre propre avis. Car je pense que ce film entraînera autant d’impressions différentes que de spectateurs. Il sera interprété de milliers de manières différentes et ne sera pas vécu de la même manière par tous.

Une seule chose à retenir : aimer, c’est aussi apprendre à laisser partir l’être aimé. Et à le partager.

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2 Responses to “Café de Flore”

  1. Flores dit :

    Ta dernière phrase est très juste …
    C’est un film sur l’Amour et le désamour n’arrive jamais !
    On ne fait pas le choix d’aimer quelqu’un, on le ressent …
    J’ai adoré la seconde partie du film mais détesté l’accent québécois et la musique !!!
    A bientôt et merci pour ta critique …
    Julien

    • Caju dit :

      Merci Julien ! J’ai eu moi aussi quelques difficultés avec la bande son, surtout les 1ères minutes. Mais je suis ensuite rentrée et l’ai finalement oubliée.. Ou mise de côté.
      Pour l’accent, ça ne m’a pas gênée. Au contraire, j’aime bien les films qui mélangent les langues en restant en VO, sans faire semblant que tt le monde est parfaitement bilingue sans le moindre accent. Donc j’ai plutôt apprécié. :) cela lui donne plus d’authenticité je trouve.

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